IMG_3730

Faire la cuisine, ensemble

En cette période de l’année, plus que la chasse aux cadeaux, et il y a la transmission des traditions. On a parlé du glanage,  et récemment j’ai redécouvert la joie de ces plats qui rassemblent autour d’un feu, lors de la ramaougerie du pommé.

IMG_3740

Il y a trois semaines j’étais à Rennes pour les rencontres l’R durable  chez LeCoq Gadby au cours desquelles se tenait la fête du pommé. LeCoq-Gadby c’est une institution à Rennes,  un hôtel centenaire et un pilier de la vie locale.

IMG_3718

Déjà, durant l’affaire Dreyfus, ses partisans se réunissaient ici et montaient des banquets pour lever des fonds pour sa défense.

IMG_3888

Aujourd’hui, c’est un lieu pionnier de l’écotourisme, et l’un des rares hôtels français à afficher l’écolabel européen.

canvas

On y surplombe un trésor de campagne urbaine à Rennes: les prairies Saint-Martin . Un écrin de 29 hectares de nature en pleine ville, où l’on croise parfois au détour d’un chemin un homme en cape de druide.

IMG_3806

Ici le passé est bien vivant.

Pour faire le pommé une tente a été plantée dans les jardins, et des bénévoles se relaient pendant deux journées. Pendant que j’enfile un tablier et prend un économe, les acolytes de M. Pommereul, bouilleur local, m’expliquent que le pommé, c’est un confit de pommes, une pâte à tartiner si voulez.IMG_3694 Au XIXème siècle, le pommé remplaçait le beurre dans les campagnes du pays Gallo autour de Rennes. On le trouvait encore dans toutes les fermes de la région durant  la Seconde Guerre Mondiale et les années de rationnement qui suivirent. Le beurre, très prisé en période de restriction, servait aux familles de monnaie d’échange et le pommé le remplaçait sur les tartines de pain. C’était le « le beurre du pauvre ».

Les ingrédients :
a) des pommes à cidre. Beaucoup, beaucoup de pommes. D’où le besoin de s’y coller en nombre.
b) du jus de pommes. Enfin du jus de pommes comme je n’en avais jamais bu, ni clair ni trouble, un philtre fraîchement pressé.
En tout ça fait quand même 240 kg de pommes. Et zéro sucre ajouté.

IMG_3697 On met le jus de pomme fermier à bouillir dans une grande bassine en cuivre (la pelle en gallo)  pendant que ça réduit. Et on surveille. Oui, le pommé c’est délicieux mais ça prend du temps… environ 18 heures.

Pendant ce temps-là, on se rappelle : « Ma mère n’achetait jamais que du sucre, du sel et du poivre, m’explique Claudette, le reste on faisait nous-même. À cette époque de l’année, on faisait le pommé, comme ça elle pouvait vendre son beurre. »IMG_3693

Quand le jus de pommes a caramélisé, on rajoute les quartiers de pommes sur le feu.  On remue (en gallo, on dit ramaouger) sans arrêt à l’aide d’une grande cuillère en bois, le ribot, jusqu’à obtenir une pâte consistante.IMG_3730.jpg

Et puis ça chante et puis ça danse jusque tard dans la nuit…

Le pommé c’est long à faire, mais une fois prêt, ça se gardait des mois dans un pot recouvert d’un torchon. Et bon, on va pas se mentir, goûter le pommé à la fin, tartiné sur du pain ou avec des mets salés, c’est un vrai régal, mais c’est la convivialité qui en fait un mets unique.

IMG_3825

Eco-hôtel Lecoq-Gadby et restaurant La Coquerie 156 Rue d’Antrain, 35700 Rennes

3 réflexions sur “ Faire la cuisine, ensemble ”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s