Cradle to cradle

« Cradle to cradle : créer et recycler à l’infini »

Pour l’éco-défi Découvrir des lectures engagées et inspirantes d’Echos Verts, Natasha a convié des blogueuses et blogueurs à parler d’un livre qui a changé leur vision des choses.
À la suite de Mélanie qui présentait hier sur Une Vie sans Gâchis : Sauvez cette planète! mode d’emploi de Dominique Glocheux, le livre que j’aimerais mettre entre toutes les mains est le manifeste Cradle to cradle de William McDonough et Michael Braungart (2002) aux Editions Alternatives.
Je vous expliquais récemment pourquoi j’ai une dent contre les incinérateurs. La crémation des déchets empoisonne l’air mais aussi et, c’est le sujet de ce livre, détruit des ressources précieuses…

La nature ne crée pas de décharges

C’est en s’inspirant de la nature que le chimiste allemand Michael Braungart et de l’architecte américain William McDonough ont mis au point un circuit de production industriel respectueux des matériaux et de l’environnement. Dans la nature on ne trouve ni gaspillage, ni déchets. L’approche Cradle to Cradle – du berceau au berceau – envisage le déchet comme de la nourriture, comme un nutriment pour l’avenir. Elle propose en quelque sorte, le compostage de tous les objets.

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Tout est ressource

« Jetez un coup d’œil au soleil. Contemplez la lune et les étoiles. Observez les beautés de la nature. Et maintenant, pensez. »  Hildegarde de Bingen

Pour concevoir en imitant de la nature, les produits doivent retourner soit au sol sous la forme de « nutriments biologiques » non toxiques, soit à l’industrie en tant que «nutriments techniques » afin d’être recyclés à l’infini.

Le processus d’incinération détruit ces nutriments normalement susceptibles de retourner dans les cycles biologiques – comme compost dans l’agriculture, et techniques – en tant que matériaux pour l’industrie. Il faut donc concevoir les produits de manière à ce qu’ils puissent retourner intégralement à l’état de matériau réutilisable. Du berceau au berceau et non plus du berceau au tombeau.

chantier de destruction - Paris (c) Ea Marzarte Small & BeautifulCette perspective à long terme diffère donc du « recyclage » courant, qui transforme des bouteilles plastiques en parka, alors que cinq ans plus tard, cette fameuse parka se retrouvera dans la même impasse « berceau-à-tombeau » dans laquelle les bouteilles se trouvaient cinq ans auparavant. Il ne s’agit pas de « minimiser les dégâts » créés par l’industrie, mais d’agir en gestionnaires de nos ressources, de manière efficace et bénéfique. Alors en pratique, comment ça marche ?

Vers une économie circulaire à impact positif

IMG_3098Prenons l’exemple de la société bretonne Algopack, son fondateur Rémy Lucas ingénieur en plasturgie recherchait un matériau naturel pour remplacer le plastique dérivé du pétrole. Il a inventé une matière rigide fabriquée à 100%  à base de déchets industriels d’algues brunes qu’il est venu présenté à la soirée de lancement de la campagne Osons de la Fondation Nicolas Hulot le 7 octobre dernier. Pour sa croissance, l’algue ne consomme ni engrais, ni pesticides, mais de l’eau en quantité peu importante et du CO2 qu’elle transforme en sucre pour sa croissance. Elle rejète de l’oxygène favorisant ainsi le développement du plancton. En fin de vie, la matière est totalement compostable et remplit une des fonctions historiques de l’algue : fertiliser la terre.

Autre exemple : le fabricant de moquette Desso qui existe aux Pays Bas depuis 1930. Chez Desso on ne vend plus de moquettes, on les loue: le client n’achète pas le produit, mais paye pour son utilisation. Ce qui implique que les matériaux restent la propriété du fabricant. Il a donc tout intérêt à pouvoir réutiliser la matière première et à ce qu’elle garde sa qualité technique pour pouvoir réintègrer le cycle de production. Dépourvu de toute substance chimique ou toxique, chacun des « ingrédients » qui compose la moquette peut être récupéré, recyclé et transformé en une nouvelle moquelle. Une partie des produits est réutilisée, l’autre peut être compostée. Le but de la manoeuvre est d’atteindre un impact positif, tant sur la santé de ouvriers qui fabriquent ces moquettes et des utilisateurs que sur l’éco-système.

Le Cradle to Cradle (C2C) Selon William McDonough et Michael Braungart, il y a autant de manières de produire en C2C que d’industries, il suffit de revoir notre manière de voir et concevoir les choses. Désignés héros de la planète par Time Magazine, tous deux ont développé une certification et labellisent eux-mêmes les produits. Ce livre a convaincu de nombreux entrepreneurs de suivre leurs rêves pour concevoir de meilleurs objets. Il m’a convaincu que les solutions pour se désintoxiquer de notre addiction au pétrole, trouver de nouveaux gisements d’emplois, protéger la biodiversité, permettre à tous d’accéder aux ressources, et cesser de les gaspiller, existent déjà. À nous de les partager.

Demain, Natasha nous parlera sur Echos Verts du roman La femme feuille de Charles Hervé-Gruyer.

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